De la poussière du Togo aux sentiers de la Sainte-Victoire, chaque page de "Je l'ai tant aimée" porte l'empreinte de mes propres pas.
De la poussière du Togo aux sentiers de la Sainte-Victoire, chaque page de "Je l'ai tant aimée" porte l'empreinte de mes propres pas.
L'aventure de Max et René au Togo n'est pas née de mon imagination, mais de mes propres traces de pas. Lorsque j'écris sur la traversée du pays par la nationale n°1 ou sur une halte à Atakpamé, je revois les paysages, je sens la chaleur et je retrouve le goût des plats partagés dans ces restaurants de bord de route. Même les lieux les plus sombres, comme cette boîte de nuit aux mœurs singulières à Lagos, sont des réalités que j’ai croisées. Ce livre est imprégné de cette vérité du terrain : je n'invente pas l'Afrique, je la raconte telle que je l'ai parcourue.
Si la mer Méditerranée est le décor de l'enquête de Karol Keiser, la montagne Sainte-Victoire en est l'âme silencieuse. J'y ai passé une partie de mon enfance et j'y ai terminé ma carrière. À force de la parcourir à pied, j'ai l'impression d'en connaître chaque caillou, chaque senteur de thym et chaque variation de lumière sur le calcaire. En plaçant l'intrigue dans ces décors familiers, j'ai voulu rendre hommage à cette terre qui m'a construit, en y confrontant les réalités brutales de notre monde actuel.
Pourquoi lier le Togo et la Provence ? Parce que ce sont mes deux mondes. L'idée de cette « traque croisée » est née de l'envie de confronter la dureté des réseaux de traite en Afrique de l'Ouest à la beauté parfois trompeuse des côtes méditerranéennes. Le secret de fabrication de ce roman réside dans ce va-et-vient permanent entre mes souvenirs de voyage et mes racines provençales. Faire dialoguer la poussière de Sansané-Mango avec l'écume de Marseille, c'est mettre en scène une réalité globale à travers le prisme de mon propre vécu.